
Nous l’avons souligné dans l’article précédent, en Islam, l’éthique régit tous les aspects de la vie et les activités économiques et commerciales ne font pas exception. Ainsi Cheikh Ingar Louqman mais aussi Cheikh Mouhammad Patel dans sa série de discours portant que les principes fondamentaux à considérer dans les transactions, ont indiqué que le commerçant (mais aussi le consommateur) musulmans ne peuvent ainsi adopter des pratiques et des moyens qui contreviennent aux principes et règlements énoncés dans leurs références premières (le Coran et la Sounnah) dans leur recherche du profit, leur effort visant à augmenter leur richesse et leur volonté de satisfaire leurs besoins ou leurs désirs matériels. Le Messager d’Allah (saws) a en effet averti que, parmi les questions que chaque serviteur aura à répondre en priorité le Jour du Jugement, deux porteront sur son argent, notamment sur son origine et sur son emploi.
Ainsi, dans notre recherche d’une transaction véritablement profitable et bénéfique, il s’agira d’appliquer concrètement les principes suivants :
- Toute entreprise débute avec un capital : celui-ci doit être licite. Il doit être utilisé dans des voies permises, ce qui exclut totalement l’intérêt ou les transactions interdites (harâm).
- L’objet de l’activité ne doit pas cibler principalement des clients pécheurs (boîte de nuit, salle de danse,…).
- L’objet de l’activité ne doit pas concerner un produit ou un service interdit ou blâmable en Islam, même si cette activité est tolérée par la loi du pays (vente de drogue douce et dure, cigarettes, photos d’êtres animés, magazines pornographiques et érotiques). Le Saint Coran proclame :
« Et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. « (Sourate 5 / Verset 2)
- Éviter une activité si prenante que son exercice se ferait détriment des activités spirituelles et entraînerait des irrégularités dans la pratique de la salât, le jeûne, la prière du vendredi, etc.
Allah (swt) dit : « Des hommes que ni le négoce, ne le troc ne distraient de l’invocation d’Allah, de l’accomplissement de la salât et de l’acquittement de la zakât. « (Sourate 241 Verset 37)
- Faire très attention à la vente de produits qui, de façon générale, se dégradent rapidement faute de moyens de conservation suffisants et appropriés. Les difficultés rencontrées pour écouler ces produits et les contraintes de stockage peuvent en effet induire à la tromperie ou à la dissimulation d’avaries au moment de la vente. Le Prophète Mouhammad (saws) mettait les musulmans en garde en ces termes :
« Les fausses promesses vendent des produits et détruisent le gain. « (Moussannaf Ibn Abi Shaïba)
- Il n’est pas permis de donner de fausses informations sur l’état du marché ou d’un produit en affirmant par exemple qu’il se vend très bien sur tel marché, durant telle période ou pour telle type de clients, alors que la réalité est toute autre.
« Le vendeur de biens qui utilise les fausses promesses est un menteur. « (An Nassaï)
Ainsi, il existe trois possibilités licites permettant la valorisation d’un produit :
- Dire la pure vérité : cette pratique est très encouragée. Exagérer dans la description des qualités du produit : cela est réprimandable (makroûh). Proférer un mensonge sur la qualité ou la valeur du produit : ceci est une tromperie et constitue un grand péché.
- Il est nécessaire d’être le plus précis possible dans les poids et mesures. Le peuple du Prophète Shou’aib (a.s) a été détruit en raison des fraudes dans la pesée de leurs denrées alimentaires.
« Donnez (toujours) le poids exact et ne faussez pas la pesée. « (Sourate 551 Verset 9)
Abdoullah ibn Abbaas rapporte que le Messager d’Allah (saws) a dit :
« Ceux qui trichent dans le poids et la mesure souffriront de la pauvreté. «
L’alternative est le choix de la véracité et de l’honnêteté. Un offreur peut réaliser un profit considérable de façon malhonnête, mais Allah Le Tout-Puissant pourra créer des causes non prévues de dépenses telles que la maladie, les accidents, les dommages… qui grèveront la jouissance effective de ce profit.
- On doit indiquer le prix réel du produit. Si notre intention de vente d’un produit est à 1 €, on ne doit pas proposer à un acheteur potentiel un prix bien supérieur (8 € par exemple), sauf si celui-ci insiste pour le prendre à ce prix. Notre Prophète (saws) acheta une fois un chameau à Djâbir (r.a).Le Prophète (saws) ne cessa d’augmenter délibérément le prix du chameau jusqu’à un prix où tous les deux furent satisfaits.


