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En toute transparence.

Qui a déjà eu entre les mains un livre édité par Dar Al-Kotob Al-Ilmiyah, maison d’édition libanaise diffusant largement en France, comprend bien vite que la lecture lui en coûtera quelques boîtes de Doliprane.

Qui a acheté un tube de khôl d’une marque pakistanaise bien connue et qui l’a porté à ses yeux, comprend vite que cette poudre ultra-fine qui fait des coulures noires et collantes en se lavant le visage ne peut décemment  pas être appelé « khôl ».

De même pour certains produits contrefaits, comme le savon d’Alep ou altérés, comme les eaux florales largement diluées que l’on trouve parfois  dans nos libraires islamiques. Pourtant dans les règles islamiques régissant les transactions, pas de mensonge, mais aussi pas de dissimulation, de truquage, de maquillage de défaut ou de mauvaise qualité.

Le commerçant musulman doit respecter, en sus des réglementations et lois en vigueur dans les pays où il exerce son activité,  certaines règles élémentaires d’honnêteté et de moralité. Parmi celles-ci figure l’obligation d’être parfaitement transparent sur sa marchandise et parallèlement de prendre les précautions qui s’imposent avant de proposer, à la vente (et donc pour en tirer un bénéfice), des produits « défectueux » sans même prendre la peine de signaler les défauts à l’acheteur si ceux-ci ont malencontreusement été découverts a posteriori.

Hadith 2082 du Sahîh al-Boukhârî (1)

Le Prophète (saws) a dit (2) :

« Vendeur et acheteur ont le choix de conclure ou de renoncer à leur marché tant qu’ils ne se sont pas séparés, ou dit-il, jusqu’à ce qu’ils se séparent. S’ils ont été sincères et ont déclaré les défectuosités de la marchandise en question, leur transaction sera bénie. Si au contraire, ils ont passé sous silence les imperfections du produit de leur marché et ont menti, la bénédiction en sera retirée. »


(1) Editions Al Qalam, Tome 2, page 214-215.

(2) Badal Ibn al-Mouhabbar a rapporté disant que Chou’ba (Ibn al-Hajjâj al-Wâsitî al-Basrî) a rapporté selon Qatâda (Ibn Di’âma as-Sadoûsî al-Basrî) qui dit avoir entendu (Sâlih Ibn Abî Maryam) Aboû al-Khalîl (ad-Dab’î) rapporter selon ‘Abdallah Ibn al-Hârith (Ibn Nawfal al-Hâchimî) selon Hakîm Ibn Hizâm (al-Asdî al-Makkî)

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Le e-commerçant, comme tout autre commerçant par ailleurs, à la charge de se tenir au courant de la législation relative à son activité et surtout de l‘évolution de celle-ci. Le musulman a, en plus,  l’obligation religieuse et morale de s’instruire au sujet des règles du commerce et des transactions selon les règles islamiques en la matière. Déjà, durant le second califat (634-644), ‘Omar Ibn al-Khattāb (ra) imposait aux commerçants une formation sur les pratiques commerciales islamiques avant d’être autorisés à exercer une activité sur le marché public :

« Ne peuvent vendre dans nos bazars que ceux qui connaissent les règles de leur religion » (Sharhu-s-sounnah).


Qu’est-ce qui est licite et illicite ?

Quels sont les produits ou activités prohibés et/ou autorisés ?

Quelles sont les règles relatives à chaque type de transactions commerciales ?

Quels sont les droits du vendeur et de l’acheteur ?

Quels sont les droits de l’employeur et de l’employé ?

Évidemment, cela ne saurait se résumer en un seul article. Nous entamons donc bi-idhniLlâh une série de textes sur le sujet où nous prendrons le temps de faire des compte-rendus ou de rapporter simplement les points cruciaux issus de nos lectures sur le sujet. N’étant absolument pas compétents pour répondre aux questions sur le sujet ou développer les pratiques islamiques en matière de commerce, nous nous accorderons le droit de renvoyer le lecteur vers des sites et articles rédigés par des personnes compétentes.

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Nous l’avons souligné dans l’article précédent, en Islam, l’éthique régit tous les aspects de la vie et les activités économiques et commerciales ne font pas exception. Ainsi Cheikh Ingar Louqman mais aussi Cheikh Mouhammad Patel dans sa série de discours portant que les principes fondamentaux à considérer dans les transactions, ont indiqué que le commerçant (mais aussi le consommateur) musulmans ne peuvent ainsi adopter des pratiques et des moyens qui contreviennent aux principes et règlements énoncés dans leurs références premières (le Coran et la Sounnah) dans leur recherche du profit, leur effort visant à augmenter leur richesse et leur volonté de satisfaire leurs besoins ou leurs désirs matériels. Le Messager d’Allah (saws) a en effet averti que, parmi les questions que chaque serviteur aura à répondre en priorité le Jour du Jugement, deux porteront sur son argent, notamment sur son origine et sur son emploi.

Ainsi,  dans notre recherche d’une transaction véritablement profitable et bénéfique, il s’agira d’appliquer concrètement les principes suivants :

  • Toute entreprise débute avec un capital : celui-ci doit être licite. Il doit être utilisé dans des voies permises, ce qui exclut totalement l’intérêt ou les transactions interdites (harâm).
  • L’objet de l’activité ne doit pas cibler principalement des clients pécheurs (boîte de nuit, salle de danse,…).
  • L’objet de l’activité ne doit pas concerner un produit ou un service interdit ou blâmable en Islam, même si cette activité est tolérée par la loi du pays (vente de drogue douce et dure, cigarettes, photos d’êtres animés, maga­zines pornographiques et érotiques). Le Saint Coran proclame :

« Et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. «  (Sourate 5 / Verset 2)


  • Éviter une activité si prenante que son exercice se ferait détriment des activités spirituelles et entraînerait des irrégularités dans la pratique de la salât, le jeûne, la prière du vendredi, etc.

Allah (swt) dit : « Des hommes que ni le négoce, ne le troc ne distraient de l’invocation d’Allah, de l’accomplissement de la salât et de l’acquittement de la zakât. «  (Sourate 241 Verset 37)


  • Faire très attention à la vente de produits qui, de façon générale, se dégradent rapidement faute de moyens de conservation suffisants et appropriés. Les difficultés rencontrées pour écouler ces pro­duits et les contraintes de stockage peuvent en effet induire à la tromperie ou à la dissimulation d’avaries au moment de la vente. Le Prophète Mouhammad (saws) mettait les musulmans en garde en ces termes :

« Les fausses promesses vendent des produits et détruisent le gain. « (Moussannaf Ibn Abi Shaïba)

  • Il n’est pas permis de donner de fausses informations sur l’état du marché ou d’un produit en affirmant par exemple qu’il se vend très bien sur tel marché, durant telle période ou pour telle type de clients, alors que la réalité est toute autre.

« Le vendeur de biens qui utilise les fausses promesses est un menteur. «  (An Nassaï)


Ainsi, il existe trois possibilités licites permettant la valorisation d’un produit :

  • Dire la pure vérité : cette pratique est très encouragée. Exagérer dans la description des qualités du produit : cela est réprimandable (makroûh). Proférer un mensonge sur la qualité ou la valeur du produit : ceci est une tromperie et constitue un grand péché.
  • Il est nécessaire d’être le plus précis possible dans les poids et mesures. Le peuple du Prophète Shou’aib (a.s) a été détruit en raison des fraudes dans la pesée de leurs denrées alimentaires.

« Donnez (toujours) le poids exact et ne faussez pas la pesée. «  (Sourate 551 Verset 9)

Abdoullah ibn Abbaas rapporte que le Messager d’Allah (saws) a dit :

« Ceux qui trichent dans le poids et la mesure souffriront de la pauvreté. « 

L’alternative est le choix de la véracité et de l’honnêteté. Un offreur peut réaliser un profit considérable de façon malhonnête, mais Allah Le Tout-Puissant pourra créer des causes non prévues de dépenses telles que la maladie, les accidents, les dommages… qui grèveront la jouissance effective de ce profit.

  • On doit indiquer le prix réel du produit. Si notre intention de vente d’un produit est à 1 €, on ne doit pas proposer à un acheteur potentiel un prix bien supérieur (8par exemple), sauf si celui-ci insiste pour le prendre à ce prix. Notre Prophète (saws) acheta une fois un chameau à Djâbir (r.a).Le Prophète (saws) ne cessa d’augmenter délibérément le prix du chameau jusqu’à un prix où tous les deux furent satisfaits.


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Depuis plusieurs dizaines d’années maintenant, les notions d’entreprise citoyenne, de charte éthique, de commerce éthique, de responsabilité sociale se sont succédées comme pour démontrer que le monde de l’entreprise, dont la principale vocation est la production de richesses, est également au service des valeurs morales.

Mais inscrire son entreprise dans une démarche éthique ne saurait se limiter à la rédaction d’une charte, à la tentative de donner de nouvelles justifications à un capitalisme destructeur, à un prétexte pour soigner un plan de communication, ni même à l’entretien d’une réflexion éthique en son sein… qui ne resterait justement qu’au stade de la réflexion !

Alors, on est en droit de se demander si l’introduction de l’éthique dans le monde des affaires n’est effectivement que poudre aux yeux ? On pourrait dire, naïvement, que pour tout musulman qui se respecte, il en va de son honneur et de son devoir de développer son activité dans un cadre moral prédéfini , dans lequel les agents peuvent se faire confiance et compter -les yeux fermés- sur l’honnêteté et la loyauté de chacun.

Pour développer cet avis, je citerais l’introduction à l’éthique des affaires de Cheikh Louqman (1) intitulé « Quelques conditions pour une transaction profitable » dont je reprendrais les points principaux dans un prochain article :

En Islam, l’éthique régit tous les aspects de la vie. Les conditions pour le succès (falah) éternel sont les mêmes pour tous les musulmans, que ce soit dans leurs activités spirituelles ou dans la conduite de leurs affaires quotidiennes. Sans spécifier un quelconque contexte précis, Allah (Ta’ala) décrit les personnes qui atteignent le succès comme ceux qui invitent à tout ce qui est bon (khayr), « encourageant ce qui est bien et interdisant ce qui est mal ».

Dans les affaires, le profit matériel constitue un objectif primordial. Bien que la réalisation de ce but dépende totalement de la libre volonté d’Allah Le Tout-Puissant, quelques pratiques peuvent cependant permettre au musulman d’obtenir quelque chose de plus profitable que le simple bénéfice commercial : c’est ce que nous appelons communément la « barakah ».

Quelles normes spécifiques de conduite une compagnie devrait-elle suivre ? Quelle est la responsabilité de l’homme d’affaires musulman face aux enjeux internes et externes ? Quelles sont les directives qui assureraient un comportement moral conforme à l’Islam dans les affaires ?

(1) Cheikh Louqman, scholar du premier comité francophone en finance islamique, ACERFI (Audit, Conformité, Ethique et Recherche en Finance Islamique).

28 Rabbi al-Awwal 1431

Vendredi 12 Mars 2010

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